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Revue de presse - Page 3

  • Bloquée chez elle

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    Handicap

    A cause d’une voirie délabrée, elle est bloquée dans sa maison

    Il y a un an, Mandy, en fauteuil, emménageait dans une maison de plain-pied. Mais la route devant chez elle est impraticable et elle ne peut pas atteindre sa boîte aux lettres.


    Par Nord Littoral | Publié le 08/12/2019

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    Il y a des concessions que Mandy Boulanger n’est pas prête à faire. En fauteuil, cette maman qui travaille à Calais ne met jamais son handicap en avant. Mais l’état de la rue dans laquelle elle et sa famille se sont installées il y a un an la met hors d’elle. « Nous cherchions une maison avec trois chambres depuis six ans. Quand Terre d’Opale Habitat nous a parlé de la construction de maisons adaptées aux personnes à mobilité réduite on s’est vite positionné dessus » raconte la Coulonnoise d’adoption, qui se rappelle un processus long et difficile qui n’aurait pas été possible sans le soutien du maire de Coulogne, puisque le couple ne vivait alors pas dans la commune. « Monsieur Fauquet a appuyé notre dossier et je l’en remercie encore. »

    Des maisons très rares

    Au bout de l’impasse du Tennis, à Préville-Trou Gai, les deux maisons neuves sont munies de rampes d’accès. En tout, il y en a quatre. Ces maisons accessibles aux personnes à mobilité réduite sont très rares. « Ce sont les seules de TOH dans toute l’agglomération, sinon il s’agit toujours d’appartements », poursuit la jeune femme qui évoque les étages ou les portes trop étroites des maisons plus anciennes comme conditions rédhibitoires à l’accès au logement.

    Ce projet est né d’une volonté conjointe du bailleur et du maire de Coulogne. Et pourtant, Mandy appelle aujourd’hui les élus à prendre leurs responsabilités. « Quand on a visité la maison, la route n’était pas praticable. Même par temps sec, je ne pouvais pas rouler seule. » Ce jeudi il a plu, des flaques font la largeur de la route et des cailloux et des graviers recouvrent le chemin. « Mais TOH nous a alors dit qu’il y avait un accord avec la mairie et qu’elle allait être faite » se rappelle Mandy, qui a aussi la mauvaise surprise de trouver une baignoire à la place d’une douche italienne. « Je n’étais pas convaincue que la route serait refaite, j’ai hésité. Mais à mobilité réduite on n’a pas 40 000 solutions. »
    « J’ai hésité. Mais à mobilité réduite, on n’a pas 40 000 solutions. »
    Le contrat de location est donc signé en novembre. L’hiver passe. « Avec la pluie, la boue, les trous et les gravillons, c’était totalement impraticable. Je ne peux pas sortir seule, je ne peux même pas accéder à ma boîte aux lettres. » Puis la bataille de la route commence. « Assez vite on a appelé la mairie. On nous a dit : ça va être fait, on est conscient du problème. Il faut faire des études car c’est une route qui n’a jamais existé, ça va prendre un peu de temps mais ça sera fait. »

    Promesse non tenue ?

    Mandy sollicite donc un entretien avec Alain Fauquet. « Il me dit qu’il a le budget et que ce sera fait à la fin de l’été. Je ressors satisfaite. » Les feuilles jaunes et rouges commencent à tapisser les chemins qu’aucun engin n’est intervenu. « J’ai rappelé. J’ai eu le chef des services des travaux de la mairie qui avait un autre discours ; il me dit que ça va être beaucoup plus long que prévu, que le budget est beaucoup plus conséquent. Que ce sera fait dans un ou deux ans… » Une douche froide. Lors d’un entretien avec Alain Fauquet il y a un mois, « il m’a dit qu’il n’avait pas de délai à me donner que c’était des travaux d’ampleur. »
    Alain Fauquet, très énervé par la démarche, assure que plusieurs devis ont été étudiés. « Ce sera fait ! Mais c’est en fonction du calendrier. On doit attendre les conditions climatiques favorables. ça peut commencer la semaine prochaine. On a le budget, tout est prêt » a répété le maire qui n’apprécie par la démarche de Mandy.
    « C’est un procès d’intention ! Ce sera fait, on a le budget ! »
    « C’est un procès d’intention ! Dans la commune tous les bâtiments publics sont munis de rampe, je suis le seul à avoir eu le projet de ces maisons, Je n’apprécie pas du tout. Il ne faut pas oublier que nous sommes en période pré électorale ! »

    Un calendrier qui préoccupe tout le monde

    Un calendrier qui préoccupe beaucoup Mandy. « Ce ne sera pas fait cet hiver et en mars c’est les élections. Ce qui me fait peur c’est qu’on a obtenu un accord de ce maire ; que se passera-t-il s’il n’est pas réélu ? Il faudra tout recommencer depuis le début. »
    En attendant « cette femme ne peut pas sortir de chez elle, c’est dingue » poursuit une voisine qui a une maison dans l’impasse. « On est là depuis quatre ans et à cette époque on nous avait dit que la route serait faite. Puis ces maisons ont été construites donc on a compris que ça ne serait pas fait le temps que des engins de chantier passeraient. » Voilà plus d’un an que dernières maisons sont habitées. Il y a quelques semaines, des « énormes trous » ont été bouchés avec du bitume. « Mon mari est allé trois quatre fois à la mairie avec des photos de la route. On lui dit toujours que ça va être fait. »

    Amélie Soirant

  • La commission fantôme de Calais

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    Bulletin d'information du 20/11/2019


    podcast

  • Commission accessibilité de Calais

    A la une de Nord Littoral du 19/11/2019 accessibilité, la commission fantôme ?

    Handicap

    Accessibilité: Calais est-il dans l’illégalité?

    Voitures garées sur un trottoir d'une rue de Calais, empêchant les piétons de passer

    Pots de fleurs, poubelles ou voitures garées sur le trottoir : « tout est un obstacle » raconte une bénévole de l’association APF France Handicap. Après deux AVC, Marie* se déplaçait en fauteuil roulant. Aujourd’hui, elle a besoin d’une canne. Sa situation la confronte à des faits qui, pour nous valides, sont invisibles. « Avant, quand je me garais à cheval 5 minutes sur un trottoir, je ne pensais vraiment pas que ça pouvait déranger quelqu’un », se souvient cette maman. Pourtant cette situation l’a mise en danger par la suite. « Quand il a neigé cet hiver, j’ai été obligée de rouler sur la route, comme souvent, puisque dans ma rue il y a toujours des voitures garées sur le trottoir. Une voiture a glissé en freinant et a failli m’écraser. »

    Incivilités et Impunité

    Cette Calaisienne a déposé plusieurs mains courantes pour essayer de faire changer les habitudes et pouvoir utiliser les trottoirs « Même quand la police municipale passe près de places PMR (personne à mobilité réduite) elle ne vérifie pas s’il y a la vignette. Et souvent, ce ne sont pas des personnes en situation de handicap. »

    Des histoires de difficultés et de combats quotidiens, Laura en a plein aussi : entre les trottoirs pas abaissés au niveau des passages piétons comme dans la rue de Valenciennes, ou le poteau en plein milieu du trottoir du pont Curie rendant le passage impossible. Laura se déplace avec une canne et ne peut pas rester debout immobile plus de 10 minutes. « L’été, la ville organise beaucoup d’animations. Pour un concert, j’avais demandé s’il y avait des chaises pour les PMR. On m’a répondu que je n’avais qu’à apporter la mienne. Avec mes problèmes d’équilibre, je ne peux pas. » Pourtant si les deux bénévoles de l’association APF ne tarissent pas d’exemples dans lesquelles leur déplacement est compliqué voire impossible, elles insistent ; « il y a eu énormément de progrès faits à Calais, poursuit Marie, que ce soit en centre-ville, autour de la grande poste ou autour du théâtre. »

    Beaucoup de progrès de faits

    « On sait que tous les commerces ne peuvent pas être mis aux normes. Mais il y a des choses simples qui pourraient être mises en place », renchérit Laura, qui s’est rapprochée de la mairie pour participer à la commission communale d’accessibilité. Obligatoire dans les communes de plus de 5 000 habitants depuis une ordonnance 2014, cette commission est composée d’élus et de membres d’associations représentant des personnes ayant un handicap (sensoriel, physique…) mais aussi les personnes âgées. « On m’a baladée de service en service et on a dit qu’on m’appellerait. » Laura attend toujours le coup de fil.

    Deux heures par an… et pourtant

    La commission aurait bien été créée à Calais. Mais que sur le papier, puis ce qu’à notre connaissance, aucune réunion n’a eu lieu. « Chaque année, elle doit faire un état des lieux de l’accessibilité sur la voirie, les espaces publics et faire des propositions qui visent à améliorer l’accessibilité. On a demandé les rapports de cette commission à la mairie et à la préfecture, on n’a rien eu », détaille Perrinne Anquez, chargée de mission à l’antenne calaisienne d’APF. Selon elle, cette commission « permettrait de faire avancer les choses. » « Je ne comprends pas pourquoi la commission ne se réunit pas à Calais alors que des choses plus compliquées sont mises en place par la mairie » s’interroge Laura. « Ce n’est qu’une réunion de deux heures par an », dit Pierre Leflon, élu au conseil départemental de l’association, qui a participé à la commission de Boulogne. Un manque de considération ? « Souvent, là où ça bouge, ça ne tient qu’à la volonté des élus. »

    Contactée, la mairie ne nous a pas répondu.